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Santé

La consommation d’alcool au travail est encore un sujet tabou. Certes, ce phénomène ne concerne pas la majorité de la population. Statistiquement, seuls 2 à 3% des Français souffriraient d’un problème de dépendance, mais ce ne serait que la partie émergée de l’iceberg, puisque chacun développe «une histoire avec l’alcool». Difficile en effet de lister précisément des critères définissant l’alcoolisme.

«A partir de quand devient-on alcoolique ? La frontière n’existe pas, c’est une question de représentation sociale, d’équilibre plus ou moins stable» analyse Jean-François Valette, directeur d’AIDES Alcool à Lyon. Les directions d’entreprise préfèrent trop souvent éviter d’ouvrir le dossier. Pourtant, il s’agit d’un sujet majeur, qui engage bien évidemment la sécurité et la santé des salariés.

Au niveau de l’entreprise, Jean-François Valette préconise de ne pas réduire le problème à un individu, mais de le traiter de manière collective. Pour ce faire, des formations existent : celle proposée par AIDES Alcool se déroule au gré du rythme de chaque entreprise et de ses singularités : temps courts d’information et de débats, stages interentreprises... En effet, selon qu’il s’agisse d’une PME ou d’un grand groupe, l’alcool ne doit pas s’aborder de la même manière. Signe du déni social, très peu d’outils pédagogiques existent. Le classeur proposé par AIDES Alcool est le plus exhaustif à ce jour, et une expérimentation a été lancée il y a deux ans avec la CAPEB R.A. (artisanat du bâtiment) pour construire une démarche originale de prévention.

L’association milite enfin pour faire naître à l’Hôtel Dieu un pôle régional de prévention de la santé, notamment pour faire avancer cette thématique. En effet, l’alcoolisme est un véritable problème de santé publique, qui doit être abordé sans tabou. Pour autant, il s’agit de ne pas tomber dans l’excès inverse : les tanins contenus dans le vin possèdent des effets antioxydants, générant certains effets bénéfiques sur la santé (protection cardiovasculaire). Tout est question de mesure : les organismes de santé recommandent de ne pas consommer quotidiennement plus de deux verres d’alcool pour les femmes et trois verres pour les hommes. La prévention et l’information prennent alors tout leur sens.

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