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Santé


Les temps changent...


La crise amène à justifier une hyperactivité, déjà bien installée dans les vies et les entreprises, comme le garant de l’efficacité. Concomitamment, cette même conjoncture incite à prendre le temps de réfléchir à de nouvelles bases pour entreprendre, consommer, agir, vivre. Une aspiration à un mode de vie plus Harmonieux se renforce. La « révolution lente » serait-elle en marche ? Alors que le système se détend par défaut (la production ralentit dans la plupart des entreprises), peut-être est-ce le moment de réfléchir à une autre organisation du temps, moins «subie»?


Les initiatives se multiplient pour « décharger » les salariés et leur faire gagner un temps précieux…
Temps qu’ils n’emploieront pas à se cultiver, se distraire ou tout simplement ne rien faire, espère plus ou moins consciemment le management, mais à œuvrer au développement de l’entreprise. Objectif:
-que les collaborateurs soient « mieux au travail»
- une formulation qui peut laisser augurer du meilleur (une harmonie régénérante) comme le pire (un véritable asservissement).


Mais les entreprises tâtonnent face à cette problématique. Le temps passé au bureau reste encore considéré, consciemment ou non, comme un indicateur d’engagement et d’implication. On voudrait croire que les managers n’imposent plus un culte du « présentéisme » à leurs salariés, que la pression est aujourd’hui compensée par la souplesse des horaires. Pas si simple.
Et le télétravail, considéré comme la panacée il y a encore quelques années (comme tous les outils dits de knowledge management), reste limité.


Enfin, dans un univers de plus en plus «mobile» (téléphones portables, Blackberry…), et alors que les 35 heures ont selon certains observateurs considérablement réduit les « temps collectifs », c’est aux managers d’organiser des moments « ensemble », où les salariés se rassemblent.


Mais dans chaque structure règnent des règles immuables et tacites en matière de gestion du temps. «Certaines entreprises ont le culte du temps immobile. Elles ?uvrent dans des métiers de tradition, où tout est immuable. Au contraire, d’autres tentent de se placer dans le mode «projet», c’est-à-dire de se projeter dans le temps, ce qui impose de structurer un devenir incertain», remarque Alain Asquin, responsable du Master Entrepreneuriat et Management à l’IAE de Lyon.
Toute entreprise possède en interne son propre rythme, son propre tempo, et se fixe un calendrier, des échéances. On doit pouvoir créer des temps longs dans l’urgence, des temps alternatifs, rapides et lents, et ne pas oublier les temps biologiques », souligne encore Alain Asquin.


Bref, l’enjeu finalement réside dans la capacité à ne pas voir le temps comme un ruban linéaire sans fin mais comme un accordéon dont on va jouer. Même s’il est bien difficile de devenir un bon musicien.


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